samedi 9 novembre 2019

Igor Nazarenko répond à nos questions... (partie 2)

Cette interview d'Igor Nazarenko a été réalisée à l'attention des membres francophones par Pauline Lebon, responsable de zone géographique.
M. Nazarenko autorise sa publication sur le blog : https://socialnewlife.blogspot.com/


Certaines personnes sont sceptiques sur SNL, que pouvez-vous leur dire ?

Rien... Que voulez-vous que je leur dise ? Certains ne croyaient pas au Bitcoin lorsqu'il valait quelques cents... et aujourd'hui, ils pleurent et se disent : "Ah, si j'avais su !", mais ce qu'ils devraient se dire, c'est : "Ah, si j'avais compris !".
Lorsqu'une innovation apparaît (et le NNC est une innovation sur le plan monétaire), certains y croient, d'autres pas, ce sera toujours ainsi. Savez-vous qu'au début du siècle dernier, certains ne croyaient pas, mais alors pas du tout à l'automobile ? C'était un engin de mort, très compliqué à manoeuvrer... Aujourd'hui, qui n'utilise pas la voiture ?

Les monnaies d'Etat ont perdu. Les Etats ont perdu car Internet offre à chacun la possibilité de choisir sa monnaie et de contourner les Etats. Le mouvement des monnaies alternatives est lancé.

Certains me demandent parfois de faire des vidéos pour les convaincre. Pourquoi perdre mon temps avec toujours les mêmes questions des incrédules. Ils ont le droit d'être incrédules, il en faut. Je respecte. La réalité leur donne tort depuis 6 ans, et en tant qu'économiste et monétariste, je peux vous dire que ce n'est que le début, mais je ne vais pas mettre une vidéo sur les réseaux sociaux pour leur dire cela, ceci ne ferait qu'ouvrir avec eux un débat stérile et me faire perdre mon temps. Ils sont sceptiques et ils en ont le droit.

Il est vrai que vous êtes quasiment absent des réseaux sociaux...

Je vais vous faire une confidence : je n'aime pas les réseaux sociaux. (Eclat de rire). Ma théorie a été élaborée au début des années 90. A cette époque, les réseaux sociaux et Internet n'existaient pas et dans ma théorie, je parle de "territoire" pour identifier l'espace économique qui utilisera ma monnaie. Lorsque j'ai créé le NNC, plusieurs de mes collaborateurs m'ont vivement recommandé de créer un réseau social en m'expliquant que les réseaux sociaux étaient des nouveaux territoires extra nationaux. Ma devise étant considérée dans ma théorie comme extra nationale, j'ai accepté d'essayer. Je ne le regrette pas, mais je n'ai jamais aimé les réseaux sociaux. On y trouve tout et n'importe quoi. De la méchanceté, de la délation, de la bêtise, de l'agressivité... Les citoyens se croient bien cachés derrière leur ordinateur et se défoulent ou laissent libre cours à leurs pires défauts ou vices. Jamais ils n'auraient le même comportement dans la rue. Cela me choque beaucoup. Et puis, j'en garde quelques expériences très négatives. Je vais vous donner 2 exemples :

- en juillet de cette année, des membres se sont plaint auprès de nous d'avoir été, dans les mois précédents, inondés et presque agressés par des publicités qui vantaient deux escroqueries qui ont très vite disparu avec l'argent de leurs clients. C'était je crois FTGroup et Worldcapital. Deux véritables escroqueries, d'ailleurs reconnaissables au premier regard. Alors, nous avons modifié le fonctionnement de SNL. Maintenant, vous ne pouvez plus contacter tout le monde. Mais je vous parlerai tout à l'heure de mon projet de réforme du réseau social SNL, c'est important.

- deuxième expérience négative : un jour, un ami me convainc de me mettre sur Linkedin. Je vous jure que j'ai reçu 40 000 demandes de contact. Je n'ai pas compris. J'ai pris cela comme une intrusion dans ma vie. Je n'osais plus aller sur mon compte. J'en ai parlé à mes collaborateurs car j'avais peur que ces membres ou futurs membres de SNL prennent mal le fait que je ne les accepte pas. Alors, un de mes collaborateurs m'a donné un conseil que j'ai suivi. Il m'a dit : "acceptez un membre par continent pour avoir un "feed back" du réseau et ignorez le reste". Alors, j'ai accepté : un Canadien, un Péruvien, un Africain de Côte d'Ivoire, un Européen (c'est un Français), un Thaïlandais et un Chinois. Ensuite, j'ai accepté le contact d'un Allemand car le réseau allemand démarrait fort... Et j'arrête là.

J'en profite pour remercier ceux qui me contactent, et j'accepterai leur invitation quand ils me prouveront qu'ils parviennent eux-mêmes à gérer 40 000 contacts dans un réseau social (Rires).
J'aurais pu être hypocrite et embaucher plusieurs personnes pour gérer des comptes à mon nom sur les réseaux sociaux. Des Community Manager ! C'est très facile à embaucher. Mais cela aurait été malhonnête intellectuellement. Vous imaginez, des milliers de membres qui croient être en contact avec moi alors que ce sont des personnes que j'ai embauchées qui leur répondent ? C'est digne de l'Union Soviétique (Rires). Vous pensiez parler à un citoyen dans la rue et c'était un agent du KGB (rires). Et le pire, c'est que beaucoup fonctionnent ainsi, sinon le job de Community Manager n'existerait pas. Je ne fonctionne pas ainsi. Et maintenant, on va me reprocher de ne pas être sur les réseaux sociaux ? Mais sur quelle planète vivent ces personnes ?

S'ils y tiennent à ce point, OK, j'embauche une dizaine de personnes qui vont leur répondre en mon nom. On créera même un compte Facebook, on fera un modèle de réponse pour 5 ou 6 questions, car ce sont toujours les mêmes qui reviennent sur les réseaux sociaux. On fait ainsi ?

S'il vous plaît, ouvrez les yeux sur les réseaux sociaux !

Je leur reconnais quand même une qualité. Ils ont permis aux citoyens qui le veulent de se regrouper et de s'organiser. Cela a fait tomber des dictatures... Et bientôt, cela fera tomber des gouvernements. Aux USA, on en est déjà à gagner l'élection présidentielle avec les réseaux sociaux.

Il y a très peu d'articles sur vous dans les média. Vous savez pourquoi ?

Cela me va bien. Lorsque je suis arrivé aux USA, j'étais un économiste sans intérêt. Les Soviets, c'était "has been". Ensuite, après avoir appris correctement l'anglais, j'ai travaillé dans l'entourage de personnes comme John Nash ou John Mc Cain.
Avec Nash, cela n'avait rien de médiatique, c'est le moins que l'on puisse dire... Mais quelle intelligence cet homme ! Il m'en a appris des choses, il m'en a démontré...
Quant à Mc Cain, il ne valait mieux pas faire savoir qu'un ancien Soviétique était un de ses collaborateurs. Vous imaginez : un potentiel, puis un réel candidat Républicain à la présidence des USA, avec un collaborateur ancien Soviétique ?... Quel gag ! Un Démocrate, cela n'aurait étonné personne, mais un Républicain, c'était impensable. Déjà, il n'aurait pas dépassé le stade de potentiel candidat au sein du parti Républicain ! (Rires)
J'ai même parfois travaillé pour lui avec un nom d'emprunt... Mais cet homme était un grand, très grand Monsieur. Je n'ai jamais compris comment Obama l'a battu... C'est la démocratie... et sans doute l'incompétence de ces conseillers de campagne et de communication.

Attention, je travaillais pour lui, je n'étais pas son éminence grise ou son bras droit... N'allez pas imaginer des choses incroyables ! J'établissais pour lui des analyses économiques sur les mesures envisagées pour réduire de la dette, car lui, avait compris le danger. Rien de classé secret défense. Mais prétendre réduire la dette quand Obama prétend ouvrir les portes de la réserve fédérale... C'est un peu à contre-courant, et il a perdu. Non pas au nom de la diversité ethnique, mais en promettant une rigueur et des mesures financières pour réduire la dette, alors qu'Obama promettait de dépenser encore plus.
J'étudiais la faisabilité des mesures envisagées et j'essayais de mesurer leur impact économique au 2e, voire 3e, degré. Bref, un job d'économiste. Mais un ancien Soviet chez les Républicains, je pense que vous comprenez le problème... Donc pas de médias.

Quand j'ai créé le NNC, le Bitcoin était ce qui attirait les médias, comme des moustiques sur une ampoule. Ensuite, j'ai trouvé que c'était très bien ainsi. Bien sûr, on trouve des articles sur moi, certains sympas, d'autres fantaisistes, mais ils commencent à dater. Alors maintenant, je ne donne plus d'interview aux médias. Mes collaborateurs trouvent cela dommage... Nous verrons à l'avenir, mais je préfère donner une interview privée pour les membres de SNL.

J'ai une question à poser aux membres : faut-il que je donne des interviews aux médias et que les médias parlent de moi pour convaincre les sceptiques ? Si pour eux, la crédibilité, c'est le fait d'être dans les médias, alors il faut qu'ils aillent vite chez le prochain FTGroup ou Worldcapital, vous ne croyez pas ?

Savez-vous que le réseau français aimerait faire un meeting avec vous ?

Que c'est agréable à entendre. (Sourire). Et puis la France... c'est la France ! Le Français est râleur, mais au fond de lui, il est adorable. Je suis d'accord, mais il faut un challenge. Le réseau français est encore un bébé, il compte moins de 10 000 membres. Alors, disons qu'à 50 000 membres, on en reparle. J'adore Paris !

A 50 000 membres, vous faites un meeting à Paris ?

Euh... Pas avec 50 000 personnes ! Disons, avec les principaux cadres du réseau.

Beaucoup de membres se demandent quel est votre rôle dans SNL, êtes-vous réellement présent ?

Je suis le patron et je l'assume. C'est moi qui prends les décisions importantes et surtout stratégiques. J'ai fixé et je maintiens la philosophie de l'entreprise, sa gestion financière, ses axes marketing. Ensuite, j'ai fait comme tous les dirigeants d'entreprise. Je me suis entouré de collaborateurs et collaboratrices que j'ai choisis pour leurs compétences dans les différents domaines, et ces collaborateurs ont choisi, à leur tour, les hommes et les femmes qui travaillent avec eux. Et ils doivent assumer le travail et le résultat de leurs équipes.

Quels sont les projets de SNL ?

Ce sont des projets très ambitieux, longs à préparer et... et confidentiels. (rires). Mais je vais quand même vous donner quelques indices. Les crypto-monnaies ont quelques points faibles, dont le risque de vol. Et il manque certains services pour les détenteurs de crypto dans les domaines du stockage et de l'anonymisation ou protection de la vie privée.
J'entends bien que nous proposions en 2020 un service unique qui sera le plus sûr de tous.

Vous pouvez nous en dire plus ?

Un tout petit peu plus. Si vous discutez avec ceux qui scrutent la blockchain de manière scientifique, ils vous diront qu'en théorie, il est possible de bloquer un BTC qui a été volé. Nous n'irons pas jusque-là d'un point de vue technique, mais nous pourrions proposer une avancée dans la sécurisation.

Un autre projet : les crypto-monnaies les plus utilisées sont traçables, mais surtout, elles le seront de plus en plus. Les informaticiens cherchent donc la parade qui sera très technique, donc très compliquée. Il manque un service d'anonymisation dont la sécurité est indiscutable. Il existe actuellement des services de mixage qui brouillent la traçabilité, mais qui font peur car trop complexes, ou disons-le, avec même un risque de vol. Il y a un certain laps de temps où vous ne savez plus où sont les Bitcoins... C'est gênant. Les institutions financières ne veulent pas s'engager dans cette voie car les Etats ne l'accepteraient pas de leur part. A ce sujet, nous travaillons sur un projet révolutionnaire.

Et il y a d'autres projets...

Excusez-moi, mais le vol de BTC et leur plus grande anonymisation, ce serait presque contradictoire ?

Très juste ! Eh bien, imaginez que lorsque vous faites une transaction en utilisant un logiciel, derrière lequel il y a un service de mixage, vous puissiez y mettre comme une signature personnelle qui garantit que les BTC ne sont pas volés. Dès lors, la sécurité est beaucoup plus assurée. Et vous pouvez alors travailler plus tranquillement au processus de mixage qui brouille encore plus la traçabilité et augmente l'anonymisation.
Votre question est très cohérente. On ne peut travailler à augmenter l'anonymisation sans commencer par blinder la sécurité. Aujourd'hui, si vous augmentez l'anonymisation, vous perdez en sécurité. Il est possible techniquement de cumuler les deux avantages.

Et vous avez bien avancé sur ce projet ?

Nous discutons avec des chercheurs et des spécialistes de la blockchain. Cela nous a permis de vérifier la faisabilité technique.


Partie 3 à venir...

*****

"Merci beaucoup à Igor Nazarenko d'avoir pris le temps de répondre à nos questions et à Pauline Lebon pour la réalisation de cette interview et sa retranscription."



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1 commentaire:

  1. C'est une vraie pointure, Igor Nazarenko... Au début, c'est son histoire qui m'a donné confiance dans le NNC. Et là, je crois entièrement dans ses projets. Il ira loin, et nous tous avec lui !

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